Le droit du sol, vecteur d’identité Républicaine.

Tribune publiée dans Le Drenche.

 

« Peuples premiers sud-américains et caribéens, peuples du berceau de l’humanité et de la Méditerranée, Orientaux et Occidentaux, tous ont successivement foulé notre terre française d’Amazonie avant de devenir les Guyanais d’aujourd’hui. Quelles que soient nos origines, qui qu’aient été nos ancêtres, nous sommes tous des fils de la Guyane lorsque nous en faisons vivre les valeurs.

Dans cette contrée de la République, il ne saurait y avoir de droit du sang, le nôtre est mêlé depuis longtemps. La tolérance est notre point de confluence ; la pluralité notre point de convergence. Dans cette contrée de la République, tous sont les fruits du métissage.

Le mélange a entrelacé nos intérêts et engendrée une fraternité intergénérationnelle et interculturelle qui nous permet de surmonter les tourments passés comme présents. Instaurer le droit du sang ne participerait qu’à alimenter le racisme, le rejet de l’autre et inévitablement, le repli sur soi.

Le droit du sol, lui, s’érige en mode de pacification territorial puisqu’il permet de rapprocher de la République et de ses principes, ceux qui pénètrent en Guyane, et ainsi, en France.

Et c’est ce droit du sol qui fait qu’aujourd’hui nous avons bien plus à offrir à la nation que nos trésors que sont l’or vert, l’or jaune, l’or noir ou l’or bleu. Oui, nous lui offrons notre multiculturalité, plus colorée encore que le plus beau des arcs-en-ciel.

Dans son adresse à la jeunesse de 1937, Félix Eboué, grand Homme guyanais l’exhortait alors : « Jouer le jeu, c’est piétiner les préjugés, tous les préjugés et apprendre à baser l’échelle des valeurs sur les critères de l’esprit. […] Jouer le jeu, c’est aimer les hommes, tous les hommes et se dire qu’ils sont tous bâtis sur une commune mesure humaine qui est faite de qualités et de défauts. »

Des décennies plus tard, ces mots raisonnent plus que jamais dans nos esprits. Oui, nous jouons le jeu. Et peut-être la République française continuera-t-elle à jouer le jeu si elle apprécie de plus près notre originalité et l’esprit de concorde dont nous faisons preuve au regard de nos singularités. Oui peut-être y trouvera-t-elle alors une inspiration pour résister aux fléaux de l’intolérance qui l’accablent parfois. »

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